Vitamines synthétiques ou naturelles, quelle différence ?

18 décembre 2013 8 Par Delphine Guilloux

Les vitamines de synthèse sont des vitamines chimiques produites par les laboratoires pharmaceutiques, prescrites par les médecins ou que vous pouvez vous procurez la plupart du temps sans ordonnance en pharmacie. Les études démontrent que les vitamines synthétiques sont moins bien assimilées que les vitamines naturelles, les vitamines de synthèse sont des « étrangers » que le corps ne reconnaît pas.

Les vitamines naturelles sont celles que l’on retrouve dans l’alimentation par les légumes et le fruits. Les personnes aux intestins fragiles peuvent consommer légumes et fruits par des jus passés à l’extracteur, ils seront ainsi sans résidus permettant au système digestif de se refaire une santé.  Lors de carences avérées, il faut impérativement choisir des suppléments naturels sans additifs chimiques (sans excipients), dans les deux cas jus de légumes/fruits et suppléments naturels, ils sont dits biodisponibles du fait de leur bonne assimilation par l’organisme.

Les vitamines, on en a besoin, c’est un fait. Mais entre choisir vitamine naturelle et vitamine de synthèse, c’est parfois compliqué. Voici comment ne plus se tromper et faire les bons choix de vitamines.

Malgré les affirmations péremptoires de l’industrie pharmaceutique et des géants de l’agroalimentaire, il devient de plus en plus difficile d’affirmer aujourd’hui que les produits de vitamines de synthèse ont le même effet que leurs analogues naturels. Pire, on commence à comprendre le danger qu’ils représentent pour la santé publique.

Diverses études scientifiques ont en effet été menées ces dernières années pour vérifier l’intérêt des vitamines. Toutes se sont basées sur une supplémentation en produits de synthèse et leurs résultats sont sans appel.

Ainsi, en 2004, la revue internationale de médecine The Lancet a publié une étude portant sur 170.000 patients, qui montrait que les surdoses de vitamine C de synthèse, de carotène et de tocophérol (vitamine E) de synthèse augmentaient sensiblement le risque de mortalité.

Comme certains s’interrogeaient toujours, un groupe de chercheurs a passé au crible quelques 68 études rando-misées publiées depuis octobre 2005, incluant cette fois-ci plus de 230.000 sujets (385 publications). Leur résultat est formel: une supplémentation en bêta-carotène, en vitamine A et vitamine E de synthèse augmentent la mortalité.

Et pour continuer, voici que la vitamine E de synthèse, prise seule, est aussi mise en cause. À haute dose, le tocophérol synthétique pourrait aussi augmenter la mortalité quand cette vitamine est prise à plus de 300mg par jour. C’est ce que montre une méta-analyse réalisée à Baltimore aux États-Unis. Portant sur plus de 135000 patients, cette étude a comparé les effets de la prise de vitamine E seule ou avec d’autres vitamines ou oligo-éléments. Les auteurs concluent que la vitamine E de synthèse à dose élevée doit être évitée au profit de doses plus faibles, qui exercent bien, elles, l’effet antioxydant.

La vitamine E de synthèse se comporte, comme un pro-oxydant et exerce des effets néfastes sur l’organisme.

Pour couronner le tout, la presse nous a rapporté le procès concernant des cas de cancer du rein chez des ouvriers manipulant des précurseurs synthétiques de la vitamine A.

Il est clair qu’il existe une discordance entre les études menées à partir des aliments et des produits naturels qui sont protecteurs, et celles portant sur la supplémentation avec des produits de synthèse. On sait que l’apport en vitamines A, E, C et en bioflavonoïdes, lorsque ces produits sont naturels, préviennent effectivement du cancer et des maladies cardiovasculaires. Mais il ne semble plus que ce soit le cas avec les analogues de synthèse.

Que dire alors de ces substances synthétiques rajoutées aux aliments et de ces compléments alimentaires qui contiennent tout et rien ?

S’il est plus économique de mettre une molécule de synthèse que de concentrer les ingrédients naturels, cela ne sera pas forcément une économie pour la santé publique. Enfin, puisqu’aujourd’hui les molécules synthétiques sont suspectes, ne vaut-il mieux pas les éviter ? Ce qui, pour certains fabricants, apparaît comme un argument de vente pour proposer leurs produits à des prix plus élevés, devrait être pour le consommateur se préoccupant de sa santé, un argument de non-achat.

Le cas de la vitamine D :

La vitamine D agit sur presque tous nos tissus et nos organes. Elle renforce le système immunitaire, a un rôle primordial dans le métabolisme du calcium, et donc du bon fonctionnement des os, elle améliore les problèmes de peau (eczéma, psoriasis) et a même une incidence sur les problèmes cardio-vasculaires. On la trouve naturellement dans tous les poissons gras, mais il faudrait en manger des quantités astronomiques pour avoir la dose suffisante. Le soleil est également une bonne source de vit D (UVB), mais malheureusement, à nos latitudes, nous ne bénéficions pas d’un ensoleillement suffisant, notamment de septembre à avril.

La plupart du temps, la vit D est prescrite en ampoules de synthèse pour 1 mois ou 3 mois, notamment aux nourrissons et aux personnes agées. Or, on s’est aperçu que ces ampoules conduisent à un surdosage en début de cure et à des carences en fin de cure.
Au-delà d’une prise quotidienne supérieure à 50 µg par jour de D2 (2 000 Ul) chez le nouveau-né (ce qui peut arriver suite à une erreur de dosage des gouttes dans le biberon), on a observé un bombement douloureux des fontanelles. Chez I’enfant, elle entraîne une perte d’appétit, une soif intense, de la diarrhée et une polyurie (besoin constant d’uriner).
Actuellement, on suspecte aussi les surdosages chroniques en vitamine D de synthèse de provoquer chez l’adulte des pathologies que justement la vitamine D naturelle combat, à commencer par l’hypertension et les calcifications des tissus. Ainsi, beaucoup de femmes ménopausées se voient prescrire de la vitamine D de synthèse et développer des problèmes de calcifications qu’elles n’avaient pas auparavant !

La forme synthétique est à l’origine de dépôts de calcium dans les artères, ce qui les rend rigides. En revanche, l’intoxication à la vitamine D naturelle est impossible, à moins de vouloir se gaver d’huiles marines !
Par ailleurs, parce que la vitamine D agit comme le ferait une hormone, une forme synthétique provoque une dépendance de la même façon que lorsque l’on absorbe une hormone de synthèse. On a constaté ce mécanisme chez les personnes traitées pour insuffisance thyroïdienne avec l’hormone de synthèse. Elles ne peuvent plus s’en passer car la sécrétion de la thyroïde finit par se tarir et la glande, par s’atrophier.

Les raisons sont donc nombreuses de privilégier une vitamine D naturelle. Jusqu’à présent on connaissait surtout celles à base d’huiles marines. Certains laboratoires ont développé une vit D3 particulièrement bien assimilée par l’organisme, à base de lanoline de mouton. 1 goutte par jour 6 jours sur 7 suffit à apporter la dose suffisante.

Mesurer sa carence en vitamine D

ConséquencesEn nanogrammes par millilitres
En nanomoles par litre
Carence
Augmentation des risques cardiovasculaires et de cancer.
Vit. D < 12 ng/mlVit. D < 30 nmol/l
DéficienceVit. D < 20 ng/mlVit. D < 50 nmol/l InsuffisanceVit. D < 30 ng/mlVit. D < 80 nmol/l

Par ailleurs, la vit D est synthétisée par les reins. Or, les nourrissons n’ont pas encore les reins suffisamment formés, et les personnes âgées ont les reins qui fonctionnent moins bien. C’est pourquoi on peut conseiller aux personnes âgées un apport de 30 µg par jour. La même quantité s’impose chez toute personne carencée. En cas de simple déficience, on pourra se satisfaire de 20 µg par jour et en cas d’insuffisance de 10 µg par jour. Ce dosage sera confirmé par un dosage sanguin de la forme active de la vitamine D et du calcium.
Pour éviter la supplémentation en vitamines A, B, C, E (le fait de prendre des suppléments vitaminiques) mangez équilibré et bio. En effet, les vitamines sont plus nombreuses dans les aliments biologiques que dans ceux issus de l’agriculture intensive.